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Un charme fou, des idées folles

http://www.artistikrezo.com – 21 septembre 2015 – Corinne Fabre

Toute en blondeur et énergie, Constance paraît fort sage de prime abord. Pourtant, cette auteure et comédienne décline une trash attitude gracieuse (puisqu’elle aime les oxymores, ne nous en privons pas nous-mêmes) depuis ses apparitions remarquées dans « On n’demande qu’à en Rire »…

En premier lieu donc, méfiez-vous de ce sourire qui transpire la candeur ! La tête de cette jeune picarde est peuplée de gens complètement barrés et de trucs pour le moins bizarroïdes qui lui font faire et dire des horreurs… avec une grâce qui fait tout passer. Eh oui, Constance, c’est le paradoxe dans toute sa splendeur, y compris dans la conception même de ce troisième spectacle (après “Je suis une princesse bordel !“ et “Les mères de famille se cachent pour mourir“).

Et, quand Constance nous invite à la pénétrer (elle parle de… sa tête… bien sûr!), c’est pour dit-elle, mieux explorer des sentiments humains comme l’ambition, la passion, la patience, la joie, la culpabilité… Or, passés au travers de sa moulinette perso, iceux-ci sont illustrées de bien curieuse façon. Chacun fait l’objet d’une fable, qui n’a rien d’affable, dont les héroïnes sont une psychopathe effarée d’avoir un fils… équilibré, une mère indigne (plus culabilisante que ça, tu meurs!), une nonne plus vaginale que virginale, une obsédée textuelle… l’ensemble tendant à monter combien l’être humain est complexe et paradoxal.
La donzelle navigue alors, entre jeu et chansons, au centre d’un uivers sombre qu’elle illumine par sa présence scénique, son énergie à toute épreuce, son humour décapant, sa langue -à la fois bien pendue et plutôt verte-, ses costumes réjouissants, une mise en scène (Patrick Chanfray) enlevée et bien sûr, sa capacité à incarner moults personnages avec conviction.
Impossible alors de ne pas succomber à son plaisir de partager avec nous sa propension au trash, à la provoc’ et à la grivoiserie -sans vulgarité- qui, du coup, sont totalement jouissifs car, comme elle le dit de son air mutin « les mots ne sont pas sales, seuls les esprits le sont ».
Au vu de toutes les qualités de Constance, je me permets d’apporter deux petis bémol à mon enthousiasme. D’une part, si les textes, qu’elle signe seule cette fois, sont très bien écrits, ils sont parfois un peu trop écrtis et la surprise parfois un peu écornée, étant entendu qu’avec elle… on s’attend à tout. D’autre part, elle pratique un peu trop le « name bashing » dont elle n’a absolument pas besoin pour nous faire rire.
Car, évidemment, Constance fait rire, et intelligemment ! Alors, n’hésitez pas une seconde… et allez faire l’humour avec elle !!!